Neuchâtel, vignoble de 603 ha : entrée libre au Marché du terroir de Cernier les 24 et 25 octobre
Les 24 et 25 octobre, le Mycorama de Cernier réunit 25 exposants sur trois étages : entrée libre, dégustation de vins à 10 CHF. Portrait d'un vignoble neuchâtelois de 603 hectares, qui dit rencontrer un peu moins de difficultés que ses voisins romands.
Le Marché du terroir : horaires, 25 exposants, trois étages
Le Marché des produits du terroir de Neuchâtel Vins et Terroir se tient les samedi 24 et dimanche 25 octobre 2026 au Mycorama, Passage des Cèpes 3, à Cernier. Il ouvre le samedi de 10 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 17 h.
Vingt-cinq exposants y participent, selon Neuchâtel Tourisme, qui parle du « plus grand rendez-vous des produits régionaux à Cernier ». Vignerons et producteurs reçoivent le public sur trois étages pour faire découvrir les spécialités labellisées Neuchâtel Vins et Terroir : vins, spécialités gourmandes, produits du terroir.
Swiss Wine Promotion présente le rendez-vous comme un moment à partager en famille ou entre amis, où l'on déguste, échange avec les producteurs et repart avec des produits de la région. Sur place, le restaurant des Cinq Sens sert des plats préparés avec des produits frais et de saison. Pour l'accès, Neuchâtel Tourisme renvoie à l'horaire CFF et aux transports publics, et pour toute question, l'organisateur répond au 032 889 42 16 ou à [email protected].
Ce que coûte la journée : entrée libre, dégustation à 10 CHF, activités enfants
L'entrée est gratuite. La dégustation des vins des encaveurs présents coûte 10 francs.
Pour les enfants, une animation gourmande de La Gourmandise est proposée à 6 francs. Le dimanche de 11 h à 15 h, un tour de poney avec « Cheval pour tous » coûte 5 francs. À l'Espace Abeille, la bougie en cire d'abeille se fabrique pour 3 fr. 50, et le grimage coûte 5 francs. Un forfait donne accès à toutes les activités pour 15 francs.
Neuchâtel en chiffres : 603 hectares, 63 % de rouges
D'après l'Office fédéral de l'agriculture, le vignoble neuchâtelois couvrait 6 032 966 mètres carrés en 2025, soit environ 603 hectares. C'est près de 4 % de la surface viticole suisse, qui s'étend sur 14 431 hectares.
Les rouges y dominent : 3 828 123 mètres carrés, soit 63 % de la surface, contre 2 204 843 mètres carrés de blancs, soit 37 %. À titre de comparaison, la Suisse romande compte 10 646 hectares de vignes, dont 4 578 en Valais, 3 749 en Vaud et 1 361 à Genève.
La gamme de la cave de l'État de Neuchâtel donne une idée de la diversité du vignoble : chasselas et Œil-de-Perdrix en AOC Neuchâtel, pinot noir, chardonnay, sauvignon blanc, gamaret, ainsi que des vins de pays des Trois Lacs à base de divico, de mara ou de merlot.
Les vins neuchâtelois se mesurent aussi aux concours. Deux chardonnays figurent parmi les 102 finalistes du Grand Prix du Vin Suisse 2026, ceux de la Cave des Coteaux, à Boudry, et de Sandoz Vins, à Neuchâtel. Le verdict tombe le 23 octobre.
Un vignoble moins touché par la crise, selon l'interprofession
La crise viticole touche toute la Suisse romande, mais Neuchâtel s'en sort un peu mieux. Dans son édition du 27 juillet, Terre&Nature relève que le canton n'a rien bougé : les quotas 2025 ont été reconduits lors de l'assemblée du 30 juin, sans baisse exigée. « Nous sommes un petit vignoble d'environ 600 hectares et nous rencontrons donc un peu moins de difficultés que nos voisins », explique Mireille Bühler, directrice de l'Interprofession vitivinicole neuchâteloise.
À Genève et en Vaud, au contraire, les limites de rendement ont été abaissées. À Neuchâtel, l'arrachage volontaire est doté de 7 000 francs par hectare. Il devait permettre d'en retirer 30, mais cinq seulement étaient concernés au 30 juin.
Le canton reste pourtant exposé au marché. Mireille Bühler estime que, dans la grande distribution, le vin importé est proposé à la moitié du prix du vin suisse. En juillet, elle jugeait que la révision de l'ordonnance fédérale, qui liait le contingent d'importation à l'achat de raisin suisse, manquait sa cible, et préférait « un quota plus strict pour les vins importés ». Berne a depuis renoncé à cette mesure, le 1er octobre.
Un millésime 2026 commencé le 19 août à Cressier
Le millésime 2026 est hors norme dans le canton. Le mercredi 19 août, à Cressier, une vingtaine de personnes se sont activées dès l'aube dans les vignes de la cave des Lauriers Jungo & Fellmann pour récolter le pinot gris, « quasi un mois plus vite que la normale », rapporte RTN. Les vendanges neuchâteloises débutent habituellement autour de la mi-septembre. En 2022, la cave avait vendangé le 6 septembre, et le 8 en 2003.
« C'est inimaginable, du jamais vu de mémoire de vigneron de notre époque », lance Christian Fellmann. Les grappes sont peu gonflées mais très concentrées : « il n'y a pas un grain pourri, de belles baies, pas de tri à faire ». La qualité sera au rendez-vous, la quantité moins : « le rapport jus-fruit-poids sera beaucoup plus faible que d'habitude ».
Pour Arcinfo, certaines vignes devaient être vendangées dès la semaine du 17 août, et « dans l'histoire, il n'y a pas d'équivalent », assure la station viticole cantonale. Rémy Alain Reymond, chef de l'Office cantonal de la viticulture et de l'agroécologie, parle d'une « précocité historique » et s'attend à « quelques cuvées d'exception ».
Cette précocité a aussi un coût d'organisation. Il a fallu trouver des vendangeurs en plein mois d'août, et accélérer les mises en bouteille pour préparer les vendanges. « Mon épouse vit au téléphone, au WhatsApp, au mail pour trouver du monde », raconte Christian Fellmann. Il garde en mémoire le 20 juin 2013, quand la grêle avait anéanti 80 % du vignoble neuchâtelois, et 1976, quand le vignoble de Cressier avait été arrosé avec l'aide de la protection civile.