Vignoble et vins valaisans, entre Rhône et sommets

Les vins valaisans naissent sur 4 578 hectares de vignes, le premier vignoble de Suisse, sous une seule appellation, dix grands crus communaux et 55 cépages, du pinot noir et du fendant à la petite arvine et au cornalin.

Terrasses de vignes du Valais central au-dessus de la plaine du Rhône, murs de pierre sèche et Alpes valaisannes enneigées

Le vignoble valaisan

Des vins valaisans nés sur l’adret du Rhône

Le vignoble valaisan suit le Rhône sur plus de cent kilomètres, de Vouvry, près du Léman, jusqu’à Viège dans le Haut-Valais, presque toujours sur la rive droite, l’adret, tournée vers le sud. Trois régions le découpent : le Bas-Valais autour du coude de Martigny et des granits de Fully, le Valais central de Chamoson à Sierre, où tient la moitié des vignes, et le Haut-Valais, de Salquenen à Visperterminen, où l’on passe la frontière des langues.

Ici, les vins portent des noms qui ne disent pas leur cépage : le fendant est un chasselas, la dôle un assemblage de pinot noir et de gamay, le johannisberg un sylvaner, la malvoisie un pinot gris, l’ermitage une marsanne. À côté, les cépages autochtones : la petite arvine, le cornalin, l’humagne rouge et l’humagne blanche, l’amigne de Vétroz, le heida que l’on appelle aussi païen. Ces spécialités ne faisaient que 15 % du vignoble ; elles en font 35 % aujourd’hui.

Le vignoble valaisan se voit depuis toute la plaine. L’autoroute du Rhône file au pied des coteaux de Saillon, de Chamoson et de Sion, le train longe les vignes de Sierre et de Salquenen, et de chaque village de la plaine on lève les yeux vers des terrasses tenues par des murs de pierre sèche. Sur ces pentes, quelque 390 encaveurs et 18 000 propriétaires de parcelles produisent les vins valaisans, dans 62 communes viticoles.

4 578
Hectares de vignes dans le canton en 2025
55
Cépages cultivés
10
Grands crus communaux, sous l’AOC Valais
1 100 m
Les vignes de Visperterminen, les plus hautes d’Europe

Les domaines

72 000 parcelles : qui tient les vignes de l’adret ?

Le vignoble valaisan est un puzzle de petites parcelles partagé entre plus de 18 000 propriétaires. Voici les domaines qui les cultivent et les vinifient, de Martigny à Viège, avec leurs vignes quand ils les ont déclarées.

Un bisse longeant un mur de pierre sèche entre les vignes du Valais, la plaine du Rhône en contrebas

Le terroir

Pourquoi le Valais produit-il autant de cépages différents ?

Parce que la vallée offre tous les climats à la fois. Le Valais reçoit plus de 2 000 heures de soleil par an et quelque 600 millimètres de pluie, moins que partout ailleurs en Suisse : il a fallu amener l’eau des glaciers par les bisses, ces canaux creusés à flanc de montagne depuis le Moyen Âge, pour que la vigne pousse. En automne, le foehn descend la vallée et finit de mûrir les raisins.

Les sols changent à chaque cône de déjection : granits et schistes à Fully, calcaires et schistes de Chamoson à Sierre, terrasses sèches et caillouteuses vers Salquenen et Viège. Les vignes montent du fond de la plaine jusqu’à 1 100 mètres à Visperterminen, les plus hautes d’Europe, tenues par des murs de pierre sèche. Un même pinot noir, planté à Fully ou à Salquenen, ne donne pas le même vin.

Ces conditions ont permis de garder des cépages que le reste du pays a abandonnés et d’en accueillir d’autres, comme la syrah, arrivée du Rhône français. Ce sont les vignerons qui, parcelle par parcelle, choisissent le cépage qui convient au coteau. Le vignoble valaisan doit sa richesse à cette mosaïque plus qu’à sa taille.

Les vins valaisans

Quels vins produit-on dans le canton du Valais ?

Les rouges d’abord, près de six hectares sur dix. Le pinot noir tient plus du quart du vignoble et le gamay un dixième ; assemblés, ils donnent la dôle. Viennent ensuite la syrah, le cornalin et l’humagne rouge, deux cépages valaisans, puis le merlot et le diolinoir sur quelques dizaines d’hectares.

Les blancs suivent. Le fendant, nom valaisan du chasselas, reste le premier blanc avec un sixième des vignes. Le johannisberg, un sylvaner, la petite arvine, le heida ou païen, la malvoisie, l’ermitage et l’amigne composent le reste, du sec au liquoreux : les vendanges tardives et les vins flétris font partie de la production valaisanne.

Une seule appellation couvre le canton, AOC Valais, complétée par dix grands crus communaux où chaque commune fixe des règles plus strictes pour ses coteaux : Fully, Vétroz, Salquenen et Chamoson en font partie. Restent les cépages que seul le Valais cultive encore, la rèze, l’humagne blanche, le lafnetscha, produits par une poignée de domaines.

La carte

Trois régions, de Martigny à Viège.

Chaque point est une région viticole du canton du Valais : le Bas-Valais au coude du Rhône, le Valais central de Chamoson à Sierre, le Haut-Valais jusqu’à Visperterminen.

Le travail de la pente

Pourquoi le vigneron valaisan regarde d’abord le ciel et l’eau

Ici, la pluie manque plus qu’ailleurs : quelque 600 millimètres par an, pour plus de 2 000 heures de soleil. Pendant des siècles, les vignerons ont amené l’eau des glaciers par les bisses, ces canaux creusés à flanc de montagne. Le chemin qui longe un bisse reste souvent le plus beau moyen de traverser le vignoble à pied.

La pente impose le reste. Sur les terrasses de Fully, de Chamoson ou de Visperterminen, le travail se fait en grande partie à la main, et les murs de pierre sèche demandent des réparations après chaque hiver. En automne, le foehn descend la vallée et sèche les grappes, ce qui permet aussi de laisser certains raisins sur souche pour les vins flétris.

Pour aborder ce vignoble, suivez la plaine : la ligne du Simplon dessert Martigny, Sion, Sierre, Salquenen et Viège, et un car postal monte vers la plupart des villages du coteau. Le vignoble se parcourt toute l’année, et beaucoup de caves reçoivent le samedi ou sur rendez-vous.