Vignoble et vins du lac de Bienne, des terrasses au bord de l’eau

Les vins du lac de Bienne naissent sur 220 hectares de terrasses calcaires tournées vers le lac, de Vigneules à La Neuveville et sur l’île Saint-Pierre, un vignoble bilingue où le chasselas et le pinot noir occupent presque toutes les vignes du canton de Berne.

Terrasses de vignes au-dessus du lac de Bienne, village au clocher blanc au bord de l’eau et île Saint-Pierre au milieu du lac

Le vignoble du lac de Bienne

Des vins du lac de Bienne produits en deux langues sur une seule rive

Le vignoble bernois, c’est le lac de Bienne. Sur la rive nord, la dernière pente du Jura tombe dans l’eau en terrasses raides, plein sud, de Vigneules aux portes de Bienne jusqu’à La Neuveville, en passant par Daucher-Alfermée, Douanne et Gléresse. En face, l’île Saint-Pierre et les villages de Cerlier, Champion et Anet complètent l’appellation. Le canton compte encore quelques vignes autour de Thoune et de la ville de Berne, mais 220 des 250 hectares bernois sont ici, au bord du lac.

La frontière des langues passe au milieu des vignes : Gléresse et Douanne s’appellent Ligerz et Twann, et l’on parle allemand jusqu’à Chavannes ; La Neuveville, à l’extrémité ouest, est romande. Le chasselas, cépage romand par excellence, tient pourtant toute la rive, avec le pinot noir pour presque tout le reste. La vigne y est attestée depuis 866, par une note du Saint-Siège : plus de onze siècles.

La rive nord se longe aussi bien en train qu’en bateau. Le train Bienne–Neuchâtel longe le lac au pied des terrasses, le bateau accoste à Gléresse, à Douanne et à La Neuveville sous les vignes, et le chemin des vignes relie Bienne à La Neuveville à mi-pente, d’un village à l’autre. Entre ces murs, une soixantaine de vignerons produisent les vins du lac de Bienne, sous une appellation dont le règlement date de 2010.

220
Hectares de vignes au bord du lac de Bienne en 2025
866
Première mention de la vigne au lac de Bienne
2
Langues sur une même rive, le français et l’allemand
70
Cépages recensés sur la rive

Les domaines

Terrasse après terrasse, les domaines de la rive nord

Sur la rive nord du lac de Bienne, une terrasse n’a parfois que deux rangs de large. Voici les domaines rattachés au vignoble bernois romand, autour de La Neuveville, avec leurs vignes quand ils les ont déclarées.

Escalier de pierre entre des terrasses de chasselas au-dessus du lac de Bienne, rive plate en face

Le terroir

Pourquoi les vignes du lac de Bienne poussent-elles en escalier ?

Parce que la pente ne laisse pas le choix. Entre Bienne et La Neuveville, le Jura descend droit dans le lac, et les vignerons ont bâti des terrasses de calcaire pour tenir la terre : des murs de pierre sèche, des escaliers, des rangs courts. Le sol est sec et rocailleux, fait de calcaire jurassien qui se réchauffe vite ; sur l’île Saint-Pierre et vers Cerlier, la molasse remplace le calcaire et donne des terres plus tendres.

Le lac fait le reste. Il renvoie la lumière sur la pente exposée au sud, retient la chaleur le soir et adoucit les hivers. Le Jura, derrière, arrête la pluie de l’ouest ; la bise, venue du nord-est, sèche les grappes après les orages. Ces conditions conviennent au chasselas, qui garde ici une acidité fine, et au pinot noir, souvent vinifié en œil-de-perdrix.

Sur des parcelles aussi petites, chaque vigneron choisit son cépage terrasse par terrasse, et la rive en compte plus de septante, du chardonnay au gewurztraminer, du pinot gris au saint-laurent. Le vignoble du lac de Bienne doit sa richesse à cette précision plus qu’à sa surface.

Les vins du lac de Bienne

Quels vins produit-on au bord du lac de Bienne ?

Les blancs d’abord, un peu plus de la moitié des vignes. Le chasselas domine, vinifié sec et léger sous le nom du village, Gléresse, Douanne ou La Neuveville, et l’on en tire aussi des mousseux. Le chardonnay, le pinot gris, le pinot blanc, le müller-thurgau, le sauvignon blanc et le gewurztraminer forment les spécialités blanches, qui gagnent du terrain depuis vingt ans.

Les rouges suivent, avec le pinot noir pour presque tout : un rouge élevé en cave, et surtout l’œil-de-perdrix, ce rosé de pinot noir que la rive partage avec Neuchâtel, sa voisine. Quelques hectares de malbec, de diolinoir, de saint-laurent et de cépages résistants complètent la gamme.

L’appellation Lac de Bienne, dont le règlement a été renouvelé pour les vendanges 2010, couvre toute la rive, l’île Saint-Pierre et les communes de Cerlier, Champion et Anet. C’est l’un des rares vignobles suisses où l’on produit le même chasselas en français et en allemand, à quelques centaines de mètres d’écart.

La carte

Un vignoble, au bord d’un lac.

Le vignoble du canton de Berne présenté ici forme une seule région viticole, la rive nord du lac de Bienne, autour de La Neuveville.

Une rive, deux langues

Vigneron en français à La Neuveville, Winzer à Gléresse

Sur la rive nord du lac de Bienne, on change de langue en marchant : La Neuveville parle français, tandis que Chavannes, Gléresse et Douanne s’écrivent Schafis, Ligerz et Twann et parlent allemand. Le chasselas, lui, pousse des deux côtés de la limite, sur les mêmes terrasses de calcaire.

Ces terrasses imposent un travail à la main, rang par rang, et le funiculaire qui monte de Gléresse à Prêles grimpe au milieu des vignes. Les murs de pierre sèche se réparent pendant l’hiver, quand la bise dégage la vue jusqu’aux Alpes.

Le chemin des vignes relie Bienne à La Neuveville à mi-pente, sur une quinzaine de kilomètres, et les gares de la ligne Bienne–Neuchâtel comme les débarcadères permettent d’en marcher une partie seulement. Les caves reçoivent le samedi ou sur rendez-vous, toute l’année.